Emmanuèle Amiell : un rendez-vous "joyeux et convivial"
Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble
(épisode 1)
Chose promise, chose due : voici, pour ouvrir cette série d'articles sur le Festival de la Cour du Vieux Temple, une interview réalisée avec Emmanuèle Amiell, il y a exactement une semaine. Je ne vous présente pas son C.V. exhaustif : ce serait long. Juste une petite chose : je la connais depuis un peu plus de six ans et avais déjà évoqué l'un de ses spectacles personnels (avec des amis musiciens) - Brassens par Brassens, que vous pourrez aussi retrouver dans mon index dédié. C'est avec un plaisir non dissimulé que je lui laisse la parole... en ce jour de Fête nationale. Et je trouve que ça tombe bien !
Emmanuèle, bonjour. D'après ce que tu as pu m'expliquer, le Festival s'annonce bien...
Plutôt pas mal, en effet. Je suis assez contente de la programmation. Il y aura du théâtre, de la musique ou l'association des deux. Ce sont les trois grandes ligues du Festival cette année.
Cette année 2026 sera ta troisième au Festival comme directrice artistique. C'est un équilibre que tu cherches à obtenir à chaque fois...
Oui. Et cette année particulièrement, j'ai cherché à obtenir ce "mélange". Cela s'inspire aussi beaucoup de ma pratique en tant que comédienne et metteuse en scène. Et cela me ravit donc complétement !
Comment parlerais-tu du Festival ? Porte-t-il des valeurs particulières ? Quelles doivent être ses qualités ?
C'est un événement historique de Grenoble, mais sa ligne a changé je laisse moins de place aux spectacles amateur. Je l'assume. Pour moi, le théâtre est aussi un métier, et il y a déjà beaucoup de festivals amateur dans l'agglomération et même au-delà, à Voiron ou dans le département. Je trouve qu'à Grenoble, les endroits où on peut travailler comme comédien se font rares - il en reste davantage pour les musiciens. D'après moi, le Festival est aussi un tremplin pour des gens qui ont créé cette année... ou un peu avant. Nous accueillons parfois des spectacles qui ont beaucoup joué, mais hors de Grenoble. Une façon de faire de la place à ceux qu'on ne voit plus vraiment ici. Cela me tient réellement à coeur ! Je tiens aussi à ce que ce soit un rendez-vous joyeux et convivial.
En programmant des comédies ?
Non, cela ne veut pas dire que les spectacles sont forcément rigolos. Beaucoup de sujets sociétaux sont abordés lors du Festival, mais d'une façon plutôt joyeuse quand même. Le plein air permet ça. Je veux que les gens viennent voir des spectacles dans un lieu très beau, en plein centre-ville. Certains hésitent encore à franchir la porte des théâtres. C'est aussi pour cela qu'on essaye d'avoir des tarifs pas trop élevés. Le plein tarif est à peine supérieur à celui d'un paquet de cigarettes...
Tu n'invites pas seulement le public à se divertir...
Non. J'entends beaucoup dire : "On a bien besoin de rire en ce moment", mais je crois qu'on a aussi besoin de réfléchir. Cela me paraît primordial par rapport à tout ce qui se passe dans le monde et en France. C'est aussi cette porte-là qu'on ouvre, avec le Festival.
(épisode 1)
Chose promise, chose due : voici, pour ouvrir cette série d'articles sur le Festival de la Cour du Vieux Temple, une interview réalisée avec Emmanuèle Amiell, il y a exactement une semaine. Je ne vous présente pas son C.V. exhaustif : ce serait long. Juste une petite chose : je la connais depuis un peu plus de six ans et avais déjà évoqué l'un de ses spectacles personnels (avec des amis musiciens) - Brassens par Brassens, que vous pourrez aussi retrouver dans mon index dédié. C'est avec un plaisir non dissimulé que je lui laisse la parole... en ce jour de Fête nationale. Et je trouve que ça tombe bien !
Emmanuèle, bonjour. D'après ce que tu as pu m'expliquer, le Festival s'annonce bien...
Plutôt pas mal, en effet. Je suis assez contente de la programmation. Il y aura du théâtre, de la musique ou l'association des deux. Ce sont les trois grandes ligues du Festival cette année.
Cette année 2026 sera ta troisième au Festival comme directrice artistique. C'est un équilibre que tu cherches à obtenir à chaque fois...
Oui. Et cette année particulièrement, j'ai cherché à obtenir ce "mélange". Cela s'inspire aussi beaucoup de ma pratique en tant que comédienne et metteuse en scène. Et cela me ravit donc complétement !
Comment parlerais-tu du Festival ? Porte-t-il des valeurs particulières ? Quelles doivent être ses qualités ?
C'est un événement historique de Grenoble, mais sa ligne a changé je laisse moins de place aux spectacles amateur. Je l'assume. Pour moi, le théâtre est aussi un métier, et il y a déjà beaucoup de festivals amateur dans l'agglomération et même au-delà, à Voiron ou dans le département. Je trouve qu'à Grenoble, les endroits où on peut travailler comme comédien se font rares - il en reste davantage pour les musiciens. D'après moi, le Festival est aussi un tremplin pour des gens qui ont créé cette année... ou un peu avant. Nous accueillons parfois des spectacles qui ont beaucoup joué, mais hors de Grenoble. Une façon de faire de la place à ceux qu'on ne voit plus vraiment ici. Cela me tient réellement à coeur ! Je tiens aussi à ce que ce soit un rendez-vous joyeux et convivial.
En programmant des comédies ?
Non, cela ne veut pas dire que les spectacles sont forcément rigolos. Beaucoup de sujets sociétaux sont abordés lors du Festival, mais d'une façon plutôt joyeuse quand même. Le plein air permet ça. Je veux que les gens viennent voir des spectacles dans un lieu très beau, en plein centre-ville. Certains hésitent encore à franchir la porte des théâtres. C'est aussi pour cela qu'on essaye d'avoir des tarifs pas trop élevés. Le plein tarif est à peine supérieur à celui d'un paquet de cigarettes...
Tu n'invites pas seulement le public à se divertir...
Non. J'entends beaucoup dire : "On a bien besoin de rire en ce moment", mais je crois qu'on a aussi besoin de réfléchir. Cela me paraît primordial par rapport à tout ce qui se passe dans le monde et en France. C'est aussi cette porte-là qu'on ouvre, avec le Festival.
Dirais-tu qu'il s'agit donc d'un événement militant ? Politique ?
Non. Nous n'imposons aucune idée toute faite ou préconçue. On parle toutefois, entre autres, d'écologie, de la vie des femmes de plus de 50 ans et de plein d'autres thèmes forts. Toujours traité de façon simple et pas plombante. Pas question de démagogie pour autant ! L'idée, c'est de prendre du plaisir à la réflexion.
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| La cour du Minimistan, à Grenoble, sera cette année encore le coeur battant du Festival. (c) photo Brigitte Designolle |
Le choix du Festival, c'est aussi d'entamer la plupart des soirées par une demi-heure joyeuse, accessible gratuitement...
En effet. L'idée, c'est bien de faire venir les gens ! Je précise que l'ensemble des artistes et techniciens du Festival sont rémunérés. Nous ne touchons que 6.000 euros de subventions publiques pour un budget de 60.000 euros environ. Si on veut tenir en proposant des spectacles de qualité, on est donc bien obligé d'organiser une billetterie. La demi-heure joyeuse permet aussi à des gens qui n'ont pas du tout d'argent de participer au Festival quand même, avec des propositions de grande qualité aussi. Ce n'est pas totalement gratuit, d'ailleurs : les artistes sont payés au chapeau. À chacun de donner ce qu'il peut et ce qu'il veut.
Un petit mot sur le lieu qui vous accueille. Tu m'as expliqué que vous aviez une bonne entente avec les équipes du Minimistan...
Tout à fait. Nous fêtons cette année la 26ème édition d'un festival qui a toujours été dans la cour du Vieux Temple. Les premières années, il pouvait s'installer exactement comme il le voulait. Aujourd'hui, la Ville de Grenoble a consenti un bail emphytéotique au Minimistan. Au départ, c'était un peu compliqué de se dire qu'on n'était plus chez nous et qu'il faudrait faire avec. Je suis toutefois tombée sur d'excellents interlocuteurs, Marie et Mathieu. Je suis très heureuse de notre collaboration: on avance ensemble, en faisant tous des concessions. Je n'ai rien à reprocher à ce mode de fonctionnement. Il faut juste se dire que le Festival a changé et, plutôt que de râler, on a décidé de le réinventer. C'est toujours chouette quand même !
Le Festival aurait-il pu être déplacé dans le calendrier ? La ministre de la Culture parlait dernièrement d'une possibilité à terme d'organiser celui d'Avignon à d'autres dates, pour éviter les canicules...
Non, il n'a jamais été question de cela pour nous. Fin août, d'habitude, il ne se passe plus grand-chose à Grenoble, mais il y a encore des gens qui ne sont pas partis en vacances ou en sont déjà revenus. On voit aussi quelques étudiants avant la rentrée. Pour nous, c'est important de garder ces dates pour une proposition artistique de ce type-là. Nos spectacles n'ont lieu que le soir et pas du tout dans la journée. On arrive généralement à avoir des températures raisonnables. De toute façon, aux autres dates, il y a déjà plein d'autres propositions culturelles à Grenoble et dans l'agglo. Et ce serait beaucoup plus risqué de programmer en plein air...
Peut-on considérer le Festival comme un marqueur du début de saison ? Comme le premier rendez-vous avant la réouverture des grandes salles culturelles ?
Tout à fait. Cette année, nous serons le plus souvent dans la cour et un peu à l'auditorium Olivier-Messiaen. La soirée d'ouverture et le concert d'Astroficus le dernier soir sont d'ailleurs gratuits et réalisés en collaboration avec le Minimistan. C'est dire que nous nous en entendons bien. Et s'il pleut ? Dans ce cas, il n'y aura jamais d'annulation, mais le report des spectacles à l'intérieur.
Un dernier mot sur les réservations ?
Il reste encore du temps, mais bon... premiers arrivés, premiers servis ! Attention: nous ne gérons plus de réservations. C'était devenu trop complexe pour nous. Je rappelle que, pour son organisation, le Festival repose sur l'action de nombreux bénévoles - une quarantaine environ (même si tout le monde n'est pas là tous les jours). Il y a aussi la préparation tout au long de l'année, qui occupe tout de même une dizaine de personnes sur le long cours. L'ancien système de réservations générait beaucoup de queues sur place, les soirs de spectacle, et du stress supplémentaire pour l'équipe. Désormais, on peut venir au Festival avec des billets achetés en ligne. Ou alors en acheter sur place le soir même... s'il reste de la place !
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Festival de la Cour du Vieux Temple
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 29 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.
Un dernier mot sur les réservations ?
Il reste encore du temps, mais bon... premiers arrivés, premiers servis ! Attention: nous ne gérons plus de réservations. C'était devenu trop complexe pour nous. Je rappelle que, pour son organisation, le Festival repose sur l'action de nombreux bénévoles - une quarantaine environ (même si tout le monde n'est pas là tous les jours). Il y a aussi la préparation tout au long de l'année, qui occupe tout de même une dizaine de personnes sur le long cours. L'ancien système de réservations générait beaucoup de queues sur place, les soirs de spectacle, et du stress supplémentaire pour l'équipe. Désormais, on peut venir au Festival avec des billets achetés en ligne. Ou alors en acheter sur place le soir même... s'il reste de la place !
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Festival de la Cour du Vieux Temple
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 29 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.


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