Florie : "L'important, pour moi, c'est de créer du lien"

Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble 
(épisode 3)

Vous souvenez-vous d'où vous étiez en 2016 ? Et de ce que vous faisiez à la même période, il y a plus ou moins dix ans ? Florie, elle, n'a rien oublié. Celle qui ouvrira la soirée du Festival de la Cour du Vieux Temple, mardi 25 août (17h45), participait à une fameuse émission télévisée : La Nouvelle Star. Elle en parle encore comme de la première grosse étape d'une carrière désormais bien lancée, où elle aborde la musique et la chanson comme de véritables plaisirs à partager. Elle sera à Grenoble cet été pour finir une tournée de 28 dates, dont 26 en solo. "Pour juillet et août, c'est énorme !", dit-elle.

"Je sais où sont mes batailles", affirme Florie, qui espère que ses paroles seront entendues.
(c) Photo : Côme Vézien

Son éphémère notoriété télévisuelle ne lui a pas nui, bien au contraire. Florie s'en amuse : "J'avais eu beaucoup de visibilité grâce à cette expérience, mais je suis aussi très physionomiste. Cela m'a également permis de faire le tri entre les personnes que je connaissais vraiment et celles avec lesquelles je n'avais pas envie de travailler". En résumé, la chanteuse et guitariste trace sa route. Au Festival grenoblois, elle vient proposer un set de chansons personnelles, intitulé À voix nue. Rien à voir avec les Reprises détournées qui constituent le programme de son spectacle le plus joué. Un autre sourire : "Je viens présenter ça lors de la demi-heure joyeuse, mais, pour le coup, ces chansons ne sont pas drôles, mais plutôt pleines d'émotions et d'universalité. Elles parlent à beaucoup de gens et, sans se mentir, surtout aux femmes. Les réactions sont souvent vives". Florie dit avoir l'envie de développer ce projet musical très personnel. Et confie qu'il lui arrive même de pleurer sur scène...


On aurait tort, pourtant, de vouloir la ranger aussitôt dans une petite case. Certes, la jeune femme explique sans hésiter qu'elle prête une attention particulière à ses textes, avec des messages à faire passer. La voir s'installer avec sa guitare pourrait donner d'elle l'image d'une Tracy Chapman en devenir ou d'une Joan Baez rajeunie. Et pourtant, Florie se nourrit aussi d'influences multiples, sans vouloir renoncer à aucune de ses idées, même s'il lui faut attendre qu'elles mûrissent. Retour rapide vers La Nouvelle Star : "J'avais 25 ans et des choses à dire, mais je ne savais comment les formuler. Je voulais mener tous les combats, ce qui était impossible, à moins de devenir activiste. Ce n'était pas mon ambition. Depuis, ma vision d'adulte s'est affinée, mon vocabulaire s'est étoffé et mes convictions se sont ancrées en moi. Je sais où sont mes batailles". Son regard sur le monde est pragmatique et déterminé. Pas forcément militant, mais avide d'égalité pour toutes et tous.


C'est précisément en s'inspirant de tranches de vie, qu'elle peut avoir elle-même avoir vécues, qu'elle écrit ses chansons. Toutes en français. L'une d'entre elles lui rappelle sa grand-mère, non sans émotion, et Florie pense que cette parente "aurait été heureuse de savoir qu'elle a été vue". En citant aussi un extrait du répertoire de Jean-Jacques Goldman, Florie assume ses décisions et ne cache pas son espoir d'être aussi, comme son prédécesseur, "la voix de ceux qui n'en ont pas". Bien dans son T-shirt Linkin Park, elle admire aussi le rappeur Joey Starr (NTM), qu'elle a connu comme membre du jury de La Nouvelle Star et pu accompagner quelque temps, lors des tournées ou dans son travail quotidien. Du pur bonheur ! "Quand on aime la musique, on aime TOUTE la musique, défend-t-elle avec conviction. Je m'intéresse à beaucoup d'artistes qui ne correspondent pas à ma ligne personnelle. Si je pouvais, j'aimerais un jour faire la première partie de Pomme ou de Lio".


Florie n'a donc pas de chapelle. Elle explique avoir d'abord appris son métier à Grenoble, à l'Axe de création du Théâtre Prémol, aux côtés d'Elisabeth Papazian et François Simonnot. Elle considère par ailleurs que chacun est aussi "le produit du milieu dans lequel il a grandi". L'occasion de parler de son enfance en HLM, au Jardin Hoche, exactement dans le centre grenoblois, "très imprégnée alors de culture urbaine". Passée ensuite dans un collège privé, elle apprend et découvre d'autres références : "C'est là que j'ai connu le metal, par exemple. J'étais une ado en colère et ça matchait plutôt bien ! Aujourd'hui, il en reste quelque chose". Oui : dans son approche multiple de la musique, très probablement. "Que je travaille sur des reprises ou sur des créations, je ne m'interdis rien ! Va savoir... dans quinze ans, je saurai peut-être diriger un orchestre et je ferai de la musique savante". Elle se marre. "Je ne crois pas, mais pourquoi pas ?". Peut-être bien qu'il faudra vingt ans. Avant cela, Florie a d'autres projets, dont celui de sortir plusieurs EP, dès l'année prochaine, avec trois amis musiciens qu'elle accompagne sur du Stevie Wonder. Et elle rêve de transformer les génériques de James Bond en pièces vocales... 


Pour l'heure, c'est visiblement avec un grand plaisir qu'elle fait ce qu'elle sait faire : chanter, jouer de la guitare et assumer tout ce qui va avec, y compris la promotion de son travail. Tout cela en étant la maman attentive d'une fille et d'un garçon. Et avec l'espoir que ses valeurs soient entendues quand elle monte sur scène. "Ce que j'espère, c'est qu'on arrive à vivre ensemble. Que nos différences ne soient plus des barrières, mais des richesses. L'important, pour moi, c'est de créer du lien. D'ouvrir des débats. Sinon, tout ce que je fais depuis dix ans n'aurait aucun sens ! Autant rester chez moi chanter dans ma salle de bain". Paroles d'une jeune femme métisse appréciant son indépendance et portant fièrement les deux cultures héritées de ses parents, africaine et savoyarde. Les difficultés qu'elle a pu traverser ? Elle ne s'y étend pas et dit juste qu'elle a pris du temps pour rebondir lorsque les projecteurs de La Nouvelle Star se sont éteints. Pour elle, c'était bien avant la finale ! "J'ai fait d'autres choses, indique-t-elle simplement. Être artiste et venir rencontrer le public, c'est d'abord un combat contre soi et le syndrome de l'imposteur". Elle a aussi une jolie formule : "De mes bâtons dans les roues, j'ai décidé de faire une échelle".

Florie - À voix nue
À Grenoble, cour du Minimistan mardi 25 août, à 17h30,
Et avant... en tournée dans d'autres villes et villages de la région.
Sur Internet : sa page Facebook / son compte Instagram / Youtube

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Festival de la Cour du Vieux Temple 

Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 29 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.

+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteur du groupe Les Kitschissimes.

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