Les rêves vagabonds : un bonheur pour petits et grands
On ne sait pas toujours à quel point les artistes, avant de présenter leurs spectacles, se démènent pour les créer. Je cite un exemple parmi tant d'autres : avant les deux premières représentations de sa pièce Les rêves vagabonds à l'Espace culturel Navarre de Champ-sur-Drac les 9 et 10 octobre, la Compagnie des Apatrides a connu cinq semaines de résidence depuis janvier, sur place, mais également dans d'autres salles, à Saint-Martin-le-Vinoux, Saint-Martin-d'Hères et Grenoble. Une préparation de longue haleine, payante : elle aboutit à l'un des plus jolis moments de théâtre que j'ai vus cette année. Quarante minutes durant, c'est avant tout au jeune public (dès l'âge de 3 ans) qu'Anne Claire Brelle et ses complices s'adressent. Une habitude et un pari gagné : la semaine dernière, quelque 130 marmots sont venus à la rencontre d'Anouk et Graou. Un public enthousiaste, séduit par une histoire tendrement poétique et pleine de couleurs. Un moment de grâce !
S'agirait-il aussi d'un rêve d'enfant ? Cela y ressemble, en tout cas, quand on en découvre la jeune héroïne, une petite fille qui s'endort paisiblement, avant de se réveiller plusieurs fois en sursaut, tandis qu'une petite veilleuse s'anime soudain. Bientôt, c'est son oreiller qui bouge à son tour, puis sa couette qui, comme dotée d'une vie propre, disparaît sous un lit dont les tiroirs s'ouvrent et se ferment continuellement. Non sans en être surprise, Anouk s'aperçoit alors qu'une sorte d'ours en peluche géant se cache sous les draps. Graou - c'est son nom - enchaîne les éternuements éléphantesques. Rien à craindre toutefois : des deux personnages, c'est peut-être bien lui le plus effrayé. Il faudra dès lors l'apprivoiser. Magie du spectacle vivant : l'interprétation d'Anne Claire Brelle et celle de Charles-Étienne Coly nous embarquent aussitôt dans cet univers féérique, où aucun texte n'est finalement nécessaire pour offrir aux spectateurs une émotion sincère. Qu'importe que l'on soit petit ou grand : il n'y a qu'à se laisser faire pour oublier un temps les aléas de nos quotidiens tourmentés. C'est d'autant plus facile que la pièce est une grande réussite technique, grâce à la participation de Cati Réau (marionnettes et accessoires), Alexandre Gabriele (musique) et Jean-Pierre Brelle (décor). En coulisses, les Apatrides soulignent aussi l'apport de Cristina Simo-Leon, Honorine Lefetz et Suzanna Laroquet à cette démarche collective. Lancée en 2011, la compagnie en est désormais à son septième spectacle depuis la création de La migration des canards d'Elisabeth Gonçalves, trois ans plus tard. Ses membres considèrent leur travail comme "une porte vers l'autre et l'ailleurs".
Anne Claire Brelle indique aussi que le rôle d'Anouk doit prochainement revenir à son amie Margaux Lavis, indisponible pour les premières dates. Ce spectacle, dit-elle, est née de l'insomnie : "J'ai une enfant qui dort très, très mal et se réveille toutes les nuits. Je me suis demandée ce qui pouvait se passer alors et être si perturbant pour elle. La nuit, c'est un moment abstrait, sans doute encore plus pour les enfants que pour les adultes. J'ai eu cette envie de raconter quelque chose de beau. De doux et de rassurant, aussi. J'aime les spectacles où apparaissent des choses, où l'on est donc surpris... et où l'on rêve". C'est ainsi que la petite troupe garde une part de mystère dans son jeu, invitant chaque spectateur à décider si Anouk imagine vivre une aventure dans son sommeil ou, au contraire, si elle traverse mille paysages avec un Graou bien réel. "Moi, je l'aborde comme un ami imaginaire ou une extension de la petite fille, indique Charles-Étienne Coly. Un personnage naïf, très gentil, comme un doudou qui prend vie et qui a besoin d'apprendre des choses. Anouk et lui ont très vite envie de jouer ensemble". Le comédien dit qu'il s'amuse beaucoup à l'incarner, tout en soulignant la complexité du jeu sans paroles. Comme sa partenaire, il a pris plaisir à entendre les réactions du très jeune public : "Tout est tellement mignon et agréable. Dans ces moments-là, tu te rends vraiment compte de ce que tu fais et tu es très content de continuer". Un bonheur durable. C'est au Festival Le Grand Baz'Arts des Petits, à Saint-Martin-d'Hères, qu'aura lieu la prochaine représentation des Rêves vagabonds, mercredi prochain. Si vous pouvez le voir et/ou même le programmer, il serait fort dommage de passer à côté.
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Vous voulez suivre les Apatrides et découvrir leurs autres projets ?
Il vous suffira pour cela de vous connecter à leur site Internet (plusieurs extraits de leurs spectacles y sont présentés). Autre option : vous abonner à leur page Facebook, où Les rêves vagabonds se matérialisent en une petite série de photos...
Par ailleurs, toujours dans l'univers du théâtre contemporain, je vous propose...
- un autre spectacle avec Anne Claire Brelle et Charles-Étienne Coly : Pierre de patience.
- un portrait issu d'un long entretien avec le comédien, au sujet de la pièce Mickey la torche.
S'agirait-il aussi d'un rêve d'enfant ? Cela y ressemble, en tout cas, quand on en découvre la jeune héroïne, une petite fille qui s'endort paisiblement, avant de se réveiller plusieurs fois en sursaut, tandis qu'une petite veilleuse s'anime soudain. Bientôt, c'est son oreiller qui bouge à son tour, puis sa couette qui, comme dotée d'une vie propre, disparaît sous un lit dont les tiroirs s'ouvrent et se ferment continuellement. Non sans en être surprise, Anouk s'aperçoit alors qu'une sorte d'ours en peluche géant se cache sous les draps. Graou - c'est son nom - enchaîne les éternuements éléphantesques. Rien à craindre toutefois : des deux personnages, c'est peut-être bien lui le plus effrayé. Il faudra dès lors l'apprivoiser. Magie du spectacle vivant : l'interprétation d'Anne Claire Brelle et celle de Charles-Étienne Coly nous embarquent aussitôt dans cet univers féérique, où aucun texte n'est finalement nécessaire pour offrir aux spectateurs une émotion sincère. Qu'importe que l'on soit petit ou grand : il n'y a qu'à se laisser faire pour oublier un temps les aléas de nos quotidiens tourmentés. C'est d'autant plus facile que la pièce est une grande réussite technique, grâce à la participation de Cati Réau (marionnettes et accessoires), Alexandre Gabriele (musique) et Jean-Pierre Brelle (décor). En coulisses, les Apatrides soulignent aussi l'apport de Cristina Simo-Leon, Honorine Lefetz et Suzanna Laroquet à cette démarche collective. Lancée en 2011, la compagnie en est désormais à son septième spectacle depuis la création de La migration des canards d'Elisabeth Gonçalves, trois ans plus tard. Ses membres considèrent leur travail comme "une porte vers l'autre et l'ailleurs".
Anne Claire Brelle indique aussi que le rôle d'Anouk doit prochainement revenir à son amie Margaux Lavis, indisponible pour les premières dates. Ce spectacle, dit-elle, est née de l'insomnie : "J'ai une enfant qui dort très, très mal et se réveille toutes les nuits. Je me suis demandée ce qui pouvait se passer alors et être si perturbant pour elle. La nuit, c'est un moment abstrait, sans doute encore plus pour les enfants que pour les adultes. J'ai eu cette envie de raconter quelque chose de beau. De doux et de rassurant, aussi. J'aime les spectacles où apparaissent des choses, où l'on est donc surpris... et où l'on rêve". C'est ainsi que la petite troupe garde une part de mystère dans son jeu, invitant chaque spectateur à décider si Anouk imagine vivre une aventure dans son sommeil ou, au contraire, si elle traverse mille paysages avec un Graou bien réel. "Moi, je l'aborde comme un ami imaginaire ou une extension de la petite fille, indique Charles-Étienne Coly. Un personnage naïf, très gentil, comme un doudou qui prend vie et qui a besoin d'apprendre des choses. Anouk et lui ont très vite envie de jouer ensemble". Le comédien dit qu'il s'amuse beaucoup à l'incarner, tout en soulignant la complexité du jeu sans paroles. Comme sa partenaire, il a pris plaisir à entendre les réactions du très jeune public : "Tout est tellement mignon et agréable. Dans ces moments-là, tu te rends vraiment compte de ce que tu fais et tu es très content de continuer". Un bonheur durable. C'est au Festival Le Grand Baz'Arts des Petits, à Saint-Martin-d'Hères, qu'aura lieu la prochaine représentation des Rêves vagabonds, mercredi prochain. Si vous pouvez le voir et/ou même le programmer, il serait fort dommage de passer à côté.
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Il vous suffira pour cela de vous connecter à leur site Internet (plusieurs extraits de leurs spectacles y sont présentés). Autre option : vous abonner à leur page Facebook, où Les rêves vagabonds se matérialisent en une petite série de photos...
Par ailleurs, toujours dans l'univers du théâtre contemporain, je vous propose...
- un autre spectacle avec Anne Claire Brelle et Charles-Étienne Coly : Pierre de patience.
- un portrait issu d'un long entretien avec le comédien, au sujet de la pièce Mickey la torche.


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