Timbawo et toute l'âme des chants sud-africains
Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble
(épisode 5)
L'histoire de Timbawo, c'est d'abord celle d'un petit groupe d'amis. Il y a une douzaine d'années, des amateurs de musique se réunissent pour le seul plaisir de chanter. Ils se fréquentent régulièrement comme membres d'une grande chorale iséroise : Grenoble Gospel Singers. L'un d'entre eux fait alors un beau voyage en Afrique du Sud pour retrouver un ami d'enfance. "C'est de là qu'est né le projet d'y retourner ensemble, mais aussi et surtout de partager la très riche culture musicale de ce pays", explique Marion Bounaix, alto et membre de Timbawo depuis une dizaine d'années. Créé en 2014, l'ensemble regroupe désormais une vingtaine de chanteuses et chanteurs, attendus pour l'une des "demi-heures joyeuses" du Festival de la Cour du Vieux Temple, le 27 août prochain. Un rendez-vous préparé avec un juste mélange d'ardeur et d'impatience. Au-delà du plaisir, leur intention commune est simple : mieux faire connaître cette culture sud-africaine qu'ils aiment tant...
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| Hommes et femmes mélangés, le groupe né en 2014 réunit aujourd'hui une vingtaine de passionnés. (c) Photo : Titi Photographe |
Timbawo s'inscrit résolument dans une logique de partage, avec le public, bien entendu, mais également avec des artistes sud-africains. Là-bas, le groupe s'est rapproché et lié d'amitié avec un autre, "(sa) chorale-soeur" : le Soweto Gospel Choir. Cette formation se produit assez régulièrement en France et y entretient une relation d'échanges avec ses homologues isérois, heureux d'apprendre ainsi aux côtés de Jimmy Mashudu Mulovhedzi, le directeur, et de Ntswaki Emza Ramadiro. Gaëlle Sonnier, présidente de Timbawo, l'admet volontiers : "Leur répertoire reste assez méconnu en France. On peut parler de gospel, mais pas exactement tel qu'on peut l'imaginer chez nous ou en Amérique. C'est une musique qui se rapproche plutôt des negro spirituals des communautés afro-américaines. Peu de paroles. Un chant polyphonique, spontané, sans instrument". En concert, il arrive cependant que les chanteurs soient accompagnés par des percussionnistes - au djembé ou au cajón.
Ne vous attendez toutefois à voir quelqu'un agiter une baguette ! "On fonctionne simplement avec un chanteur lead, qui va faire des appels auxquels nous donnerons des réponses chorales", indique Gaëlle. Ce n'est pas toujours la même personne qui assume cette fonction essentielle à la bonne marche du groupe. Pour Timbawo, la hiérarchie n'a qu'une importance très relative, comparée à celle du message que la musique peut faire passer. Un message qui s'adresse à toute personne assez curieuse pour y être attentive, sans distinction d'âge, d'origine ou de religion. "La plupart du temps, nous chantons des chants d'espoir ou de louanges à Dieu, mais nous ne sommes pas tous croyants. Ces chants sont nés parce que les gens ressentaient le besoin collectif de se donner du courage face aux différents obstacles de leur vie. Aujourd'hui, les réponses apportées à ce besoin ont changé, mais cette volonté de dépasser les différents aléas et alors de les transcender existe encore. Si ce sont les mêmes paroles ? Peut-être bien. C'est avant tout le même message : celui que nous voulons porter aujourd'hui !". C'est une grande richesse musicale et émotionnelle que Timbawo entend ainsi mettre en avant. Et le public devrait vibrer...
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| En répétitions au Prisme (Seyssins), Timbawo prépare une vingtaine de chansons pour le Vieux Temple. (c) Photo : Titi Photographe |
"Moi qui ne suis que depuis quatre ou cinq ans dans la chorale, je peux vous assurer que c'est quelque chose que l'on vit aussi de l'intérieur", assure Valérie Scibetta, soprano et trésorière de l'association. Pour offrir le spectacle le plus authentique possible, les chanteurs n'ont pas hésité à apprendre des textes en langues étrangères, mais aussi des chorégraphies comme on n'en voit pas si souvent à Grenoble. Il se dit qu'en Afrique du Sud, l'idée d'un concert donné par des interprètes immobiles serait de toute manière parfaitement incongrue. Certains des chants à venir ont d'ailleurs été créés dans la rue et lors de manifestations anti-apartheid, par exemple. C'est aussi dans l'idée de témoigner de la réalité de l'Afrique du Sud d'aujourd'hui que les membres de Timbawo sont heureux de se produire en public. Là-bas, disent-ils, la vie a changé depuis la présidence de Nelson Mandela, mais le combat pour la paix et l'égalité réelle entre les peuples n'est pas terminé. Chanter, c'est donc également une manière d'évoquer des situations toujours compliquées et de promouvoir des valeurs humanistes. Pas de grand discours, non. Juste des mots qui, après le concert, pourront compléter la démarche artistique.
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| Assez souvent a capella, Timbawo chante aussi accompagné de percussions - djembés ou cajóns. (c) Photo : Christine Coeur |
Le groupe répète actuellement une série d'une vingtaine de chants pour la représentation de la cour du Vieux Temple. Certains ont déjà passé les frontières européennes, tel Asimbonanga, l'hymne composé par celui que ses admirateurs appelaient le zoulou blanc : le regretté Johnny Clegg. "Il y a aussi quelques airs du rugby, que les habitués des stades pourraient avoir entendu. Rien de sûr, en fait, mais bon... si notre public reconnaisse une ou deux morceaux, ce sera déjà bien". L'ambition est de le faire participer à la fête, avec la conviction que la spontanéité des artistes doit être communicative. Timbawo promet en tout cas un show emballant, gardant d'ailleurs la partie un peu plus mélancolique de son répertoire pour d'autres circonstances (et d'autres scènes). "Ce n'est pas facile de choisir entre tel ou tel morceau, mais on le fait aussi en fonction des personnes qui sont là pour prendre le lead ou simplement chanter", explique notamment l'une des membres. Et ensuite ? Le groupe a déjà coché plusieurs autres dates dans son calendrier. Il se produira ainsi au Rocam-Fest d'Échirolles, le 29 août. Pile une semaine plus tard, il participera à la deuxième édition du KabareMed, un événement artistique pluridisciplinaire conçu pour soutenir la recherche médicale - ce sera donc le 5 septembre, à Champagnier. L'automne venu, la chorale espère voir le Soweto Gospel Choir en Isère pour deux masterclasses et un concert. À suivre...
► Une toute dernière info :
Les membres de Timbawo ont un rêve, étroitement lié à leur engagement artistique : celui de retourner en Afrique du Sud. Leur volonté est encore et toujours la même : montrer que les Blancs et les Noirs peuvent très bien chanter ensemble. Rien n'est fixé, mais l'idée serait de faire ce voyage en 2028. Et d'ici là, il est naturellement possible d'en discuter avec eux !
Timbawo
À Grenoble, cour du Minimistan jeudi 27 août, à 17h45.
Sur Internet : la page Facebook / Youtube.
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Festival de la Cour du Vieux Temple
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 29 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.
+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteur du groupe Les Kitschissimes.
3 - Florie, chanteuse et guitariste solo,
4 - Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de Shakespeare in songs.



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