Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble
(épisode 19)
C'est fou ! Elle est tellement présente dans notre quotidien que nous ne faisons plus tellement attention à son existence. Pire, il n'est pas certain que nous la comprenions vraiment. Pourtant, à défaut de considérer qu'elle gagne à être connue dans ses moindres aspects, nous pourrions au moins retenir qu'elle nous est notre fidèle et indispensable compagne depuis d'innombrables lustres. Mais qui donc ? Eh bien, la lumière, pardi ! Fasciné, un dénommé Barthélémy Champenois l'apprécie et lui consacrera une drôle de conférence au Festival de la Cour du Vieux Temple, le soir du 25 août prochain. L'occasion de remonter le (très) long fil de la connaissance, en repartant d'abord aux grandes heures de la Grèce antique...
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| Pas d'erreur : le spectacle à venir s'appuie sur des faits scientifiques rigoureusement établis. |
| (c) Photo : Brigitte Designolle |
Dissipons tout de suite un possible malentendu : Barthélémy Champenois, lui, ne peut exister que dans notre imaginaire. Celui qui arrive bientôt à Grenoble est comédien à
la Compagnie du Gravillon. Il s'appelle en réalité
Nicolas Prugniel.
Lumière, histoire d'une hors-la-loi n'est d'ailleurs pas le premier des spectacles qu'il a joués, liés avec un sujet scientifique. "
J'en avais un autre (
Circonférence des particules, Ndlr)
, au cours duquel Barthélémy Champenois venait expliquer sa théorie selon laquelle il était capable de traverser les murs. C'était un délire, oui, mais il se trouve que j'ai joué ce spectacle au CNRS. Parler de la lumière ? Je ne l'ai pas choisi, en fait. Ce sont des physiciennes et physiciens qui, après m'avoir vu, m'ont expliqué qu'ils aimeraient faire avec moi de la vulgarisation scientifique autour de ce thème.
J'avais moi-même suivi des études scientifiques... jusqu'au bac, avant de me consacrer au théâtre. Cela dit, j'ajoute que j'ai grandi dans une famille de scientifiques et que je baigne donc dans le sujet depuis tout petit". Ce qui explique sûrement une part de son intérêt à en parler sur scène. Nicolas ne prétend pourtant pas que monter le spectacle n'a été qu'une simple formalité. C'est même presque le contraire.
Le comédien a beaucoup réfléchi : "Comment partir de toutes les connaissances scientifiques transmises par les chercheurs avec qui j'ai travaillé pour les relayer ensuite de façon poétique, humoristique ou décalée ?". Pas question de livrer un cours magistral, évidemment. "J'ai accepté la proposition de mes partenaires en leur expliquant que j'avais avant tout besoin d'histoires, de personnages et d'anecdotes croustillantes. Que c'est ainsi que je pouvais rendre compte de vérités scientifiques avec toute la rigueur nécessaire, mais bel et bien en utilisant le biais du théâtre et de l'humour qui me concerne directement". Nicolas le confirme : il a lui-même appris beaucoup de choses. "Pendant un an et demi, les physiciens inscrits dans le projet m'ont régulièrement fait des présentations sur la lumière. On m'a aussi renseigné sur d'autres sujets tels celui de la relativité générale ou restreinte, par exemple. En cours de création, je pouvais parfois appeler pour avoir une info précise dans l'instant. Jusque dans les répétitions, certains étaient là pour me corriger quand je disais des choses fausses dans mes improvisations". Le dialogue s'est ainsi fluidifié petit à petit, ce qui a permis d'instaurer une vraie - bonne - relation de confiance réciproque.
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La promesse de Barthélémy / Nicolas : parler aussi de la lumière de façon ludique, voire poétique. (c) Photo : Dan-Luc Bicrame |
L'idée de découper le spectacle selon les époques historiques est venue des scientifiques. Nicolas se réjouit désormais d'expliquer au public que la connaissance n'est jamais totalement figée, mais qu'elle correspond en fait à un processus. Sans surprise, il lui a fallu un peu de temps pour trouver le point d'équilibre : "Au théâtre, je ne pouvais pas défendre un texte trop lourd : il fallait que je raconte quelque chose". Il travaille en fait sans support écrit définitif : le spectacle tourne déjà depuis 2019, mais il reste presque improvisé, à partir bien sûr d'une trame générale que le comédien garde en mémoire. Aucune représentation n'est à 100% identique à une autre. Un exploit ? "Non, répond l'intéressé avec grande modestie. Jouer différemment chaque soir, c'est le cas de tous ceux qui montent sur scène. Un spectacle dépendra également du public qui le regarde et de la forme des comédiens qui le jouent. Dans le cas de Lumière..., il peut m'arriver d'oublier toute une partie ou de l'intervertir avec une autre. Parfois, je suis beaucoup plus long que prévu sur une troisième". Rien de dramatique en soi. Quand les spectateurs ne se rendent compte de rien, un comédien expérimenté retombe le plus souvent sur ses pattes. Pour Nicolas, l'enjeu n'est visiblement pas de connaître son sujet sur le bout de la langue et de l'exposer sans temps mort. Il se peut d'ailleurs qu'il ait aussi coupé des passages jugés trop bavards. "Ce n'était pas le plus facile, au début...", admet-il.
Son espoir reste de faire oeuvre utile. Au fond, qu'importe si, comme il le révèle sans honte, "il y a encore certaines choses qu'on ignore sur la lumière et qui, à mon avis, dépassent complètement mes capacités cognitives, faute de concepts suffisants ou tout simplement d'imagination". Conscient qu'une partie de son potentiel public peut se méfier de la science ou même lui tourner le dos, il tient à rappeler, à sa manière, qu'elle peut pourtant prêter à rire ou être une source de poésie. Des idées lui viennent déjà pour suivre ensuite d'autres inspirations théâtrales, mais il se promet de ne pas les exploiter trop rapidement. Le temps lui manque, aussi, car il fait vivre un autre spectacle (Point de bascule, sur le réchauffement climatique) et est sollicité sur d'autres thématiques environnementales (la biodiversité, l'eau, la qualité de l'air, les sols...). Pour un peu, la réputation de Barthélémy Champenois le précèderait presque, ce dont le comédien se réjouit et s'amuse. Souriant, il explique au passage que c'est notamment en improvisant sur scène qu'il a trouvé sa matière, en collaboration étroite avec son metteur en scène, Jérémie Brunet. Il ne se plaint surtout pas d'être pour l'heure cantonné au registre scientifique. "Il me semble positif, du fait de mon engagement citoyen, de mettre mon énergie sur ces questions, souligne-t-il. Si je peux transmettre la connaissance ou juste servir de piqûre de rappel sur certains points, c'est bien de le faire aujourd'hui".
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Seul sur scène, Nicolas Prugniel devrait un jour rejouer en troupe. Mais pas tout de suite... (c) Photo : Dan-Luc Bicrame |
► Le souhait d'une certaine cohérenceSeul sur scène dans Lumière, histoire d'une hors-la-loi, Nicolas n'exclut toutefois pas de remonter d'autres créations collectives. Pour l'heure, il met en avant l’entièreté de sa démarche : "En effet, il me serait vraiment difficile de traiter de sujets qui ne me tiennent pas à coeur", assure-t-il. Il a aussi fait le choix de ne diffuser ses spectacles que dans un petit périmètre autour de Grenoble (de 250 kilomètres environ, sauf rare exception). "Créer ainsi un maillage serré sur un territoire limité permet de
nouer une relation avec quelques spectatrices et spectateurs venus
plusieurs fois et qu'on commence à connaître. C'est très important pour moi de ne pas s'arrêter pas au spectacle et de créer des relations qui peuvent perdurer dans le temps".
Lumière, histoire d'une hors-la-loi
(Nicolas Prugniel - Compagnie du Gravillon)
À Grenoble, cour du Minimistan mardi 25 août, à 21h00.
Sur Internet :
le site de la Compagnie du Gravillon /
le compte Facebook de Barthélémy Champenois.
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Festival de la Cour du Vieux Temple Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 28 aoûtMinimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur
le site du Festival et sur
sa page Calaméo.
+ d'autres interviews liées au Festival :1 -
Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 -
Émilie Llamas, chanteuse du groupe Les Kitschissimes,
3 -
Florie, chanteuse et guitariste solo
(À voix nue),
4 -
Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de
Shakespeare in songs,
5 -
Marion Bounaix, Valérie Scibetta et Gaëlle Sonnier, chanteuses de la chorale Timbawo,
6 -
Lionel Damei, chanteur et comédien du spectacle
Mon truc en plume d'auteur.e.s,
7 -
Daniel Martin, Fernand Catry et Bastien Lombardo, du groupe AutOradiO,
8 -
Laurent Galasso et Christophe Scalisi, du groupe Lautof,
9 -
Jean Guillaud, musicien du collectif Les Barbarins Fourchus (
Pasha Disco Club),
10 -
Grégory Faive, concepteur et comédien de
Pourvu qu'il nous arrive quelque chose,
11 -
Chappi, chanteur et musicien du groupe Astroficus (
Horizons partagés),
12 -
Violaine Soulier, chanteuse et musicienne des Swingirls (
Rêvolutions),
13 -
Elsa Forêt, chanteuse et musicienne,
14 -
Jocelyne Tournier, alias La Diva rurale, chanteuse et comédienne de
Chansons sans vernis,
15 -
Xavier Bray, chanteur et musicien du groupe Beau Sexe.
16 -
Lison Desbrières, autrice et comédienne du spectacle
Cabales,
17 -
Katia Juilliard, metteuse de scène d'
Addition,
18 -
Samuel Chaffange, chanteur et musicien du groupe Picky Banshees.
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