Cabales : un meurtre à élucider, huit suspects sur scène
Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble
(épisode 16)
Vous aimez les romans d'Agatha Christie ? Vous ne ratez jamais une rediff' de Columbo à la télé ? Vous seriez content d'apprendre que Sherlock Holmes est ressuscité une nouvelle fois ? Réjouissez-vous : cette année, le Festival de la Cour du Vieux Temple s'adresse aussi à ceux qui s'imaginent dans la peau d'un détective ! Le Collectif des Fiers Désinvoltes vient y présenter son spectacle Cabales, que la troupe se réjouit déjà de jouer en plein air pour la toute première fois. Précision importante : cette oeuvre originale est à la fois théâtrale ET musicale. L'équipe l'a imaginée pour un large public.
Lison Desbrières, l'autrice de la pièce, l'a d'abord écrite seule, avant d'échanger avec ses partenaires de jeu en vue d'obtenir un texte définitif - c'est une huitième (et a priori dernière) version qui sera jouée à Grenoble le soir du 26 août prochain. Une enquête policière se déroule "dans le cadre d'un hôtel de haut standing", l'action ayant principalement lieu dans le vestiaire du personnel. Au lever de rideau, un meurtre a été commis, dont on enterre la victime. Les spectateurs découvrent progressivement les protagonistes, construits comme des archétypes : la veuve, la fille orpheline, le maître d'hôtel, etc. On trouve ainsi réunis "de grands bourgeois et de petites gens qui travaillent pour eux, d'un profil social différent". Des personnages qui, costumes compris, peuvent évoquer ceux du Cluedo, grand classique des jeux de société policiers. Lison estime qu'à partir de huit ans, on peut très bien s'intéresser à eux et à cette histoire d'assassinat qui les rassemble. "Les enfants comprendront les choses autrement que les adultes, mais devraient néanmoins passer un bon moment", dit-elle. Il faut souligner que Cabales a fait ses preuves : le spectacle a déjà été joué avec succès... à une quarantaine de reprises !
Au-delà de l'intrigue et de la forme (classique) que la pièce adopte, le Collectif des Fiers Désinvoltes a des choses à dire. Ou plutôt, à défaut de messages militants, des sujets à soulever : "On parle de l'ascenseur social, de la place des femmes dans le monde du travail, des stéréotypes de genre, de l'homosexualité... L'idée est bien de confronter le vieux monde porteur des valeurs d'hier à la réalité d'aujourd'hui". Lison assure que ce choix assumé n'est pas accueilli partout de la même façon. "Nous avons joué devant des publics très différents. Certains spectateurs se sentent interpellés, tout simplement, et apprécient que nous abordions ce type de sujets. D'autres nous disent : vous y allez franco !". La troupe s'autorise aussi quelques traits d'humour. L'important pour les huit comédiens est en fait que Cabales soit aussi perçu comme un bon divertissement. Autant en rire, donc, si c'est possible. "Dès qu'on a des archétypes sur scène, on a forcément un peu de recul, assure Lison. Ce que nous montrons n'est pas complétement le reflet de la réalité. Et même si notre collectif n'est pas totalement impartial sur certains sujets, ils n'apparaissent qu'en filigrane". Et donc sans aucune volonté d'imposer telle ou telle vision des choses.
Les chansons qui accompagnent le texte, elles, existaient avec le spectacle. Elles ont été choisies dans le répertoire francophone : "Nous n'avons pas composé la musique, mais nous avons réalisé tous les arrangements", indique Lison. Pendant le spectacle, aucune bande sonore n'est utilisée : tout est joué en direct (en acoustique ou pas, selon les cas). L'occasion d'entendre du clavier et du violoncelle, mais aussi... des percussions corporelles ! Un vrai et beau défi technique pour la troupe, qui a donc fait appel à un ingénieur du son pour s'adapter au mieux à toutes les configurations possibles. Les Fiers Désinvoltes estiment préférable de jouer en soirée et même pour partie de nuit, car la mise en scène de Cabales réclame quelques moments de noir. Sans trop en dévoiler, disons que l'intention est de monter des scènes d'interrogatoire avec un seul suspect sur la scène, en imaginant que l'enquêteur, lui, se trouve au dernier rang du public. Sous la forme de monologues, ces petits apartés doivent ainsi permettre de découvrir d'autres facettes des personnages. Pas question cependant de briser le quatrième mur et d'inciter les spectateurs à s'exprimer avant même la fin de la pièce !
La représentation dure une heure trente. En fin de soirée, descendus de la scène, Lison promet que ses partenaires et elle seront ravis d'échanger avec le public. Certains des retours qu'ils obtiennent peuvent leur permettre d'enrichir le spectacle. La jeune autrice présente aussi Cabales comme "une aventure palpitante", tout en admettant que le quotidien d'un collectif artistique n'est pas qu'un long fleuve tranquille : "Non, en effet, tout ne se déroule pas toujours dans la plus grande simplicité". Par exemple, elle ne peut dire si et quand cette pièce pourra être rejouée après le Festival de la Cour du Vieux Temple. "Nous aurons peut-être un petit trou d'un an". Un état de fait que les Fiers Désinvoltes prennent avec philosophie, conscients que leur nombre peut faire douter certains de la possibilité concrète de les accueillir. Lison voit le bon côté des choses. Avec huit comédiens et parfois deux techniciens, il y a aussi beaucoup de bras et de cerveaux pour mener des projets complexes. Mais aussi, éventuellement, pour prétendre aux subventions publiques réservées aux "grosses" compagnies. "Il se passe beaucoup de choses pendant les années de vie d'un spectacle comme le nôtre. A fortiori, bien sûr, quand il est porté par de jeunes artistes. Mais pour nous, tout va bien : depuis qu'on tourne avec Cabales, on est arrivé à obtenir nos huit cachets presque à chaque fois. On est vraiment très contents de ce qui nous arrive". Et ce sans administrateur ou chargé de diffusion.
Cabales
(Collectif des Fiers Désinvoltes)
À Grenoble, cour du Minimistan mercredi 26 août, à 21h00.
Sur Internet : le site du collectif / son profil Facebook / la page Instagram du spectacle.----------
Festival de la Cour du Vieux Temple
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 28 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.
+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteuse du groupe Les Kitschissimes,
3 - Florie, chanteuse et guitariste solo (À voix nue),
4 - Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de Shakespeare in songs,
5 - Marion Bounaix, Valérie Scibetta et Gaëlle Sonnier, chanteuses de la chorale Timbawo,
6 - Lionel Damei, chanteur et comédien du spectacle Mon truc en plume d'auteur.e.s,
7 - Daniel Martin, Fernand Catry et Bastien Lombardo, du groupe AutOradiO,
8 - Laurent Galasso et Christophe Scalisi, du groupe Lautof,
9 - Jean Guillaud, du collectif Les Barbarins Fourchus (Pasha Disco Club),
10 - Grégory Faive, concepteur et comédien de Pourvu qu'il nous arrive quelque chose,
11 - Chappi, chanteur et musicien du groupe Astroficus (Horizons partagés),
12 - Violaine Soulier, chanteuse et musicienne des Swingirls (Rêvolutions),
13 - Elsa Forêt, chanteuse et musicienne,
14 - Jocelyne Tournier, alias La Diva rurale, chanteuse et comédienne de Chansons sans vernis,
15 - Xavier Bray, chanteur et musicien du groupe Beau Sexe.
(épisode 16)
Vous aimez les romans d'Agatha Christie ? Vous ne ratez jamais une rediff' de Columbo à la télé ? Vous seriez content d'apprendre que Sherlock Holmes est ressuscité une nouvelle fois ? Réjouissez-vous : cette année, le Festival de la Cour du Vieux Temple s'adresse aussi à ceux qui s'imaginent dans la peau d'un détective ! Le Collectif des Fiers Désinvoltes vient y présenter son spectacle Cabales, que la troupe se réjouit déjà de jouer en plein air pour la toute première fois. Précision importante : cette oeuvre originale est à la fois théâtrale ET musicale. L'équipe l'a imaginée pour un large public.
Lison Desbrières, l'autrice de la pièce, l'a d'abord écrite seule, avant d'échanger avec ses partenaires de jeu en vue d'obtenir un texte définitif - c'est une huitième (et a priori dernière) version qui sera jouée à Grenoble le soir du 26 août prochain. Une enquête policière se déroule "dans le cadre d'un hôtel de haut standing", l'action ayant principalement lieu dans le vestiaire du personnel. Au lever de rideau, un meurtre a été commis, dont on enterre la victime. Les spectateurs découvrent progressivement les protagonistes, construits comme des archétypes : la veuve, la fille orpheline, le maître d'hôtel, etc. On trouve ainsi réunis "de grands bourgeois et de petites gens qui travaillent pour eux, d'un profil social différent". Des personnages qui, costumes compris, peuvent évoquer ceux du Cluedo, grand classique des jeux de société policiers. Lison estime qu'à partir de huit ans, on peut très bien s'intéresser à eux et à cette histoire d'assassinat qui les rassemble. "Les enfants comprendront les choses autrement que les adultes, mais devraient néanmoins passer un bon moment", dit-elle. Il faut souligner que Cabales a fait ses preuves : le spectacle a déjà été joué avec succès... à une quarantaine de reprises !
Au-delà de l'intrigue et de la forme (classique) que la pièce adopte, le Collectif des Fiers Désinvoltes a des choses à dire. Ou plutôt, à défaut de messages militants, des sujets à soulever : "On parle de l'ascenseur social, de la place des femmes dans le monde du travail, des stéréotypes de genre, de l'homosexualité... L'idée est bien de confronter le vieux monde porteur des valeurs d'hier à la réalité d'aujourd'hui". Lison assure que ce choix assumé n'est pas accueilli partout de la même façon. "Nous avons joué devant des publics très différents. Certains spectateurs se sentent interpellés, tout simplement, et apprécient que nous abordions ce type de sujets. D'autres nous disent : vous y allez franco !". La troupe s'autorise aussi quelques traits d'humour. L'important pour les huit comédiens est en fait que Cabales soit aussi perçu comme un bon divertissement. Autant en rire, donc, si c'est possible. "Dès qu'on a des archétypes sur scène, on a forcément un peu de recul, assure Lison. Ce que nous montrons n'est pas complétement le reflet de la réalité. Et même si notre collectif n'est pas totalement impartial sur certains sujets, ils n'apparaissent qu'en filigrane". Et donc sans aucune volonté d'imposer telle ou telle vision des choses.
Les chansons qui accompagnent le texte, elles, existaient avec le spectacle. Elles ont été choisies dans le répertoire francophone : "Nous n'avons pas composé la musique, mais nous avons réalisé tous les arrangements", indique Lison. Pendant le spectacle, aucune bande sonore n'est utilisée : tout est joué en direct (en acoustique ou pas, selon les cas). L'occasion d'entendre du clavier et du violoncelle, mais aussi... des percussions corporelles ! Un vrai et beau défi technique pour la troupe, qui a donc fait appel à un ingénieur du son pour s'adapter au mieux à toutes les configurations possibles. Les Fiers Désinvoltes estiment préférable de jouer en soirée et même pour partie de nuit, car la mise en scène de Cabales réclame quelques moments de noir. Sans trop en dévoiler, disons que l'intention est de monter des scènes d'interrogatoire avec un seul suspect sur la scène, en imaginant que l'enquêteur, lui, se trouve au dernier rang du public. Sous la forme de monologues, ces petits apartés doivent ainsi permettre de découvrir d'autres facettes des personnages. Pas question cependant de briser le quatrième mur et d'inciter les spectateurs à s'exprimer avant même la fin de la pièce !
La représentation dure une heure trente. En fin de soirée, descendus de la scène, Lison promet que ses partenaires et elle seront ravis d'échanger avec le public. Certains des retours qu'ils obtiennent peuvent leur permettre d'enrichir le spectacle. La jeune autrice présente aussi Cabales comme "une aventure palpitante", tout en admettant que le quotidien d'un collectif artistique n'est pas qu'un long fleuve tranquille : "Non, en effet, tout ne se déroule pas toujours dans la plus grande simplicité". Par exemple, elle ne peut dire si et quand cette pièce pourra être rejouée après le Festival de la Cour du Vieux Temple. "Nous aurons peut-être un petit trou d'un an". Un état de fait que les Fiers Désinvoltes prennent avec philosophie, conscients que leur nombre peut faire douter certains de la possibilité concrète de les accueillir. Lison voit le bon côté des choses. Avec huit comédiens et parfois deux techniciens, il y a aussi beaucoup de bras et de cerveaux pour mener des projets complexes. Mais aussi, éventuellement, pour prétendre aux subventions publiques réservées aux "grosses" compagnies. "Il se passe beaucoup de choses pendant les années de vie d'un spectacle comme le nôtre. A fortiori, bien sûr, quand il est porté par de jeunes artistes. Mais pour nous, tout va bien : depuis qu'on tourne avec Cabales, on est arrivé à obtenir nos huit cachets presque à chaque fois. On est vraiment très contents de ce qui nous arrive". Et ce sans administrateur ou chargé de diffusion.
Cabales
(Collectif des Fiers Désinvoltes)
À Grenoble, cour du Minimistan mercredi 26 août, à 21h00.
Sur Internet : le site du collectif / son profil Facebook / la page Instagram du spectacle.----------
Festival de la Cour du Vieux Temple
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 28 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.
+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteuse du groupe Les Kitschissimes,
3 - Florie, chanteuse et guitariste solo (À voix nue),
4 - Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de Shakespeare in songs,
5 - Marion Bounaix, Valérie Scibetta et Gaëlle Sonnier, chanteuses de la chorale Timbawo,
6 - Lionel Damei, chanteur et comédien du spectacle Mon truc en plume d'auteur.e.s,
7 - Daniel Martin, Fernand Catry et Bastien Lombardo, du groupe AutOradiO,
8 - Laurent Galasso et Christophe Scalisi, du groupe Lautof,
9 - Jean Guillaud, du collectif Les Barbarins Fourchus (Pasha Disco Club),
10 - Grégory Faive, concepteur et comédien de Pourvu qu'il nous arrive quelque chose,
11 - Chappi, chanteur et musicien du groupe Astroficus (Horizons partagés),
12 - Violaine Soulier, chanteuse et musicienne des Swingirls (Rêvolutions),
13 - Elsa Forêt, chanteuse et musicienne,
14 - Jocelyne Tournier, alias La Diva rurale, chanteuse et comédienne de Chansons sans vernis,
15 - Xavier Bray, chanteur et musicien du groupe Beau Sexe.


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