Les Swingirls : des idées, des chansons et toujours le sourire
Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble
(épisode 12)
Vous ignorez où Doc Brown et Marty McFly ont garé leur DeLorean ? Pas de panique : le 23 août prochain, les Swingirls vous attendront au Festival de la Cour du Vieux Temple pour vous inviter dans leur machine à remonter le temps. Destination l'Amérique des années 40 afin d'y retrouver les Andrews Sisters, LaVerne, Maxene et Patty. Trois frangines restées célèbres dans l'histoire du jazz pour avoir très largement popularisé la close harmony. Cette forme particulière d'arrangement musical, un peu vintage aujourd'hui, a été la toute première influence des Swingirls, sur scène depuis 2013. Et probablement en reste-t-il quelque chose d'aussitôt reconnaissable dans leur musique d'aujourd'hui ! À bon entendeur...
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| La formule magique des Swingirls ? Un joyeux mélange de talent, de sérieux et d'autodérision. (c) Photo : Florent Forestier |
Pas vraiment familier avec cette source d'inspiration, c'est avec joie que j'ai pu en parler avec Violaine Soulier, la violoniste du trio actuel. "Nos premières influences nous venaient effectivement des Andrews Sisters et de pas mal d'autres groupes américains d'après-guerre, m'a-t-elle confirmé. L'idée, au départ, c'était de faire des reprises. On a ensuite eu une envie croissante de garder le même principe, en l'appliquant toutefois à nos propres créations originales, en français. Je crois bien que cela nous a permis d'être plus proches de ce que nous sommes en réalité, en nous éloignant du même coup d'un côté rétro peut-être un peu guindé, tout en gagnant en clownerie". Une chose est sûre : si c'est bel et bien en tant que professionnelle que Violaine crée des spectacles avec ses amies Manon Petit et Marianne Girard, il n'est pas question pour elles trois d'arrêter de s'amuser. Encore moins d'oublier ce qui entretient la flamme : faire rire. Rêvolutions (avec accent circonflexe !) sera le spectacle qu'elles présenteront à Grenoble dans quelques jours - le troisième du groupe depuis son lancement. L'humour en est un ingrédient essentiel : "Nous tenons absolument à le garder, car c'est lui qui façonne notre relation si riche avec le public, assure Violaine. Cela ne nous empêche évidemment pas de vivre dans le monde tel qu'il se présente aujourd'hui. On ne peut pas non plus avoir des oeillères sur ce qui peut se passer autour de nous !". Ni renoncer à en faire des chansons...
Violaine et ses copines assument en effet une dose d'engagement personnel dans leur art, au sujet justement "des sujets qui nous tiennent à coeur. Des sujets tels que la crise écologique ou nos différentes positions politiques, traités avec un point de vue féminin, voire féministe, mais toujours avec humour, donc, et avec délicatesse". En clair : pas de misandrie à l'horizon ! Simplement, la volonté affirmée d'apporter une pierre supplémentaire au grand édifice du combat pour l'égalité des sexes. C'est un fait établi : les Swingirls apprécient de travailler entre femmes, avec donc, en coulisses, des collaboraTRICES. Emblématique de leur démarche, Rêvolutions a ainsi été inventé avec une metteuse en scène, Elisabeth von Buxhoeveden. "Notre féminisme s'étend bien au-delà de ce que nous produisons sur scène, ajoute Violaine. Nous avons ainsi créé la société qui nous permet de tourner, Furieuse Productions. Elle nous sert aussi à promouvoir nos autres formations, toutes féminines". Mais là encore, il ne faut y voir aucune posture caricaturale, car les Swingirls collaborent également avec des hommes. Parmi eux, depuis 2017, "un technicien du son exceptionnel, Frédéric Finand". Le girl power est affiché... et reste bienveillant !
Il faut dire aussi qu'avant de partir à la rencontre du public, Violaine, Marianne et Manon se déguisent et se transforment donc (un peu). Le temps de la représentation, elles deviennent tout simplement leurs personnages : Mary, Jean et Billie. Cela leur permet-il de se cacher ? Ou, au contraire, de s'exprimer encore plus librement ? Violaine hésite une seconde. "Peut-être un peu les deux, finit-elle par répondre en souriant. C'est vrai que c'est pratique de jouer un personnage sur scène pour ensuite en sortir. Cela nous permet d'éviter les interférences avec notre vie de tous les jours. Quand on entre dans la peau de quelqu'un, il n'y a plus aucune limite. On a la liberté d'exploser les coutures du T-shirt... et c'est exactement ce que l'on fait. Disons en fait qu'un spectacle réussi, je pense que c'est pour nous un mouvement de va-et-vient entre les deux possibilités". Pour les Swingirls, c'est aussi l'aboutissement logique d'un travail créatif : devoir se limiter à des enregistrements studio serait extrêmement frustrant pour les artistes. Venir jouer au Festival de la Cour du Vieux Temple fait donc leur bonheur ! "On s'inscrit vraiment dans sa ligne, assure Violaine. Nous comptons proposer un véritable spectacle, au-delà du concert". L'intention ? S'inscrire pleinement dans la logique du croisement des esthétiques et des pratiques, promu par l'événement. "Avoir une metteuse en scène, depuis deux spectacles, nous a permis de dépasser la simple performance vocale et musicale".
On ne doute pas une minute que les Swingirls seront à la hauteur de cette noble ambition et de leur excellente réputation. Leur parcours artistique est passé par de nombreuses étapes, y compris à l'étranger, au Québec, en Belgique et en Suisse. Une chance, apparemment, d'autant que tous ces publics francophones ne réagissent pas forcément aux mêmes choses de la même façon. Restent tout de même - et heureusement ! - quelques constances. L'authentique espoir des trois amies de s'adresser à un large public en est une. "On veut faire un spectacle populaire, jouer devant plein de gens différents, en ville ou à la campagne. Des gens de tous les âges, de tous les horizons politiques ou culturels. Le rire fait tout passer... et il finit toujours par nous rassembler. C'est un élément que l'on veut à tout prix conserver". Autre espoir : susciter des échanges. Après leur représentation et autant qu'il sera possible, Violaine Marianne et Manon seront heureuses d'entrer en contact avec les spectatrices et spectateurs venus les écouter. Elles ont des choses à dire, mais n'ont pas de leçons à donner. Même à leurs filles, auxquelles leur dernier album est dédié. "Ce sont plutôt elles qui nous apprennent la vie, dit Violaine. Vraiment, je ne sais pas si nous sommes capables de les préparer au monde qui vient. Pour ma part, je rappellerai à la mienne qu'elle est libre et qu'elle pourra faire tout ce qu'elle veut. Qu'elle a tout en mains pour mener sa propre vie". Et chanter, encore...
►Un nouveau projet en construction...
Après Féminines Prouesses en 2016 et Survoltées en 2020, Rêvolutions peut être perçu comme "le plus proche de la réalité des membres du groupe, qui sont trois femmes à des âges différents". Après l'avoir lancé en 2025, les Swingirls planchent désormais sur un quatrième projet, intitulé Trop Classe ! Il s'adressera - prioritairement - au jeune public (de 8 à 12 ans). Dans l'aventure, les filles ont embarqué avec elles le père de Manon, l'auteur de littérature jeunesse Xavier-Laurent Petit. Auront-elles envie de chanter un medley, comme elles le font depuis le début ? Et resteront-elles fidèles aux instruments qu'elles utilisent, violon, guitare, contrebasse, ukulélé, glockenspiel ou... contre-poubelle ? Au moins aux plus habituels. Petit "tuyau" pour finir : la première de ce nouveau spectacle aura lieu à la Vence Scène de Saint-Égrève, le 22 janvier 2027.
Les Swingirls - Rêvolutions
À Grenoble, cour du Minimistan dimanche 23 août, à 19h00.
Sur Internet : le site officiel du groupe / son profil Facebook / sa page Youtube.
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 28 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.
+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteuse du groupe Les Kitschissimes,
3 - Florie, chanteuse et guitariste solo (À voix nue),
4 - Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de Shakespeare in songs,
5 - Marion Bounaix, Valérie Scibetta et Gaëlle Sonnier, chanteuses de la chorale Timbawo,
6 - Lionel Damei, chanteur et comédien du spectacle Mon truc en plume d'auteur.e.s,
7 - Daniel Martin, Fernand Catry et Bastien Lombardo, du groupe AutOradiO,
8 - Laurent Galasso et Christophe Scalisi, du groupe Lautof,
9 - Jean Guillaud, du collectif Les Barbarins Fourchus (Pasha Disco Club),
10 - Grégory Faive, concepteur et comédien de Pourvu qu'il nous arrive quelque chose,
11 - Chappi, chanteur et musicien du groupe Astroficus (Horizons partagés).


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