Avec Astroficus, la promesse d'un grand concert multicolore

Festival de la Cour du Vieux Temple 2026 - Grenoble 
(épisode 11)

Grenoble ? "On est toujours content de pouvoir nous y produire. C'est là où on a commencé". Attrapé au téléphone au milieu d'une belle tournée estivale, Chappi, l'un des membres du groupe Astroficus, se réjouit à l'avance de retrouver la capitale des Alpes le 28 août, en clôture du Festival de la Cour du Vieux Temple. "Les fins de festivals sont toujours des moments particuliers. Jouer en soirée, qui plus est, c'est aussi une bonne occasion de diffuser notre message et de faire danser les gens. De passer un chouette moment avec eux. Alors oui, franchement, on sera très contents d'être là". Après une participation remarquée lors de la soirée d'inauguration de la Tour Perret, le 10 juillet, Astroficus revient donc avec grand enthousiasme.


Rembobinons un peu. S'il y a encore des mélomanes qui ne savent rien du groupe, on peut leur expliquer que la musique d'Astroficus est ultra-métissée. Un mélange (assumé) d'influences afrobeat, soul, funk, groove, R & B... une liste longue comme un jour d'été et qui pourrait encore s'étirer au gré des envies. "La somme de plusieurs univers", résume Chappi. Personnellement, j'ai grandi à la Réunion et j'étais d'abord un fan absolu de l'afrobeat (la musique de Fela Kuti, par exemple). J'avais cette volonté de le fusionner avec les influences de l'Océan Indien. Hina, notre chanteuse, est quant à elle d'origine malgache. Or, à Madagascar, le gospel a une place très importante dans la culture. En réalité, chacun de nous a apporté un peu de son bagage musical. Un autre exemple : David, notre guitariste, a une grande culture des musiques du monde, de la calypso ou du reggae. Notre section soufflante, elle, s'inspire de l'afrojazz. Toutes ces associations produisent un syncrétisme musical très intéressant pour nous, inédit et original"Des qualités qu'Astroficus a renforcées en choisissant de chanter en français. "Petit à petit, au fil des compos, on a voulu écrire des slams, des raps... Le mélange donne un cocktail explosif et très dansant !".


Sans se cacher derrière son micro, Chappi assure aussi que le groupe a des choses à dire sur l'état de notre monde. "L'afrobeat est de fait une musique très politique, affirme-t-il. L'idée d'Astroficus, c'est à la fois de parler clairement des choses qui ne vont pas, mais aussi de délivrer un message porteur d'espoir. De repasser par le collectif, de célébrer les relations humaines, de rappeler tout le potentiel de la solidarité, et donc sur une musique heureuse. Tout cela vaut bien mille discours !". Autre caractéristique du groupe : sa taille. Le 28 août, ils seront six au Minimistan. "C'est notre configuration minimale. Aussitôt qu'on le peut, on joue à huit et, chez nous, le collectif prime : on discute toujours de beaucoup de choses, on s'interroge aussi sur notre musique et nos textes. C'est cette culture qui nous a permis d'aller aussi loin et de participer à des événements de différentes envergures. On en est fiers !". La (déjà longue) liste des concerts démontre effectivement une diversité remarquable. Chappi est notamment très heureux de raconter que, cette année, le groupe a participé au projet Grésimuse et partagé son univers avec une vingtaine de jeunes des écoles et associations de musique autour de Villard-Bonnot. "C'était une super semaine de partage et, détail rigolo, on a joué à l'Espace Bergès, là où on avait tourné notre premier clip !". Autre temps fort : le Festival international de musique universitaire à Belfort et un concert final... devant 8 000 personnes !


Astroficus sait bien que, même en cas d'immense succès, il y aura moins de monde au Minimistan le soir du 28 août. Qu'importe, au fond : gratuite pour tout le monde, la soirée promet d'être belle dans ce lieu - unique ! - que le groupe connaît déjà (un peu) et apprécie (beaucoup). "C'est génial de permettre au public d'accéder à un tel endroit pour découvrir aussi la beauté de l'hyper-centre grenoblois, s'enthousiasme Chappi. J'avoue que je ne connais pas encore très bien l'histoire du site, mais c'est un patrimoine magnifique !". Et sans aucun doute propice à "la transe pleine de couleurs" que le groupe entend toujours favoriser. "Oui, on aime embarquer les gens ! Il y a toujours un temps, à chaque concert, où le public décroche de la réalité et se laisse porter. C'est ce qui est kiffant !". Ce n'est pas pour rien que la tournée s'appelle Horizons partagés. L'intention est très claire : après avoir souvent parlé de lui et de ses convictions, le groupe débarque désormais sur scène avec une volonté farouche d'évoquer tout ce qui peut relier les êtres humains entre eux. De défendre ses valeurs collectives et d'affirmer sa vision de l'intérêt commun. Pas question, en effet, de se prétendre au-dessus de la mêlée générale, imperméables aux tensions que traverse la planète. "Ce n'est jamais gagné d'avance, dit Chappi sur la réussite d'Astroficus. On reste hyper-dépendants des budgets publics - et pour le coup très favorables à une vision de la culture qui aille au-delà de la seule logique de la rentabilité. C'est vrai qu'on s'en sort bien, mais on est aussi inquiets de ce qui pourrait advenir. C'est la vie d'un collectif, avec ses hauts et ses bas. Notre public nous porte. Et Astroficus n'a pas prévu de prendre sa retraite !".

► Un dernier mot ?
Après avoir répondu à mes questions, Chappi a ajouté quelque chose : "J'aimerais dire aux gens qu'on a aussi besoin d'eux sur les outils numériques. Ils sont d'ores et déjà nombreux à nous suivre, mais notre rayonnement sur les réseaux sociaux participe aussi de notre développement. Cela nous permet de toucher toujours plus de monde... et de programmateurs. Conclusion : si voulez repartager nos infos ou les commenter, n'hésitez pas !". Et les occasions de le faire sont nombreuses...

Astroficus - Horizons partagés
À Grenoble, cour du Minimistan vendredi 28 août, à 21h00.
Sur Internet : la page Facebook du groupe / son compte Instagram / sa page Youtube.

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Festival de la Cour du Vieux Temple 
Édition 2026 - Grenoble, du 22 au 28 août
Minimistan : Cour Marcel-Reymond, rue des Minimes
Auditorium Olivier-Messiaen : 1, rue du Vieux Temple
Programme complet : sur le site du Festival et sur sa page Calaméo.

+ d'autres interviews liées au Festival :
1 - Emmanuèle Amiell, sa directrice artistique,
2 - Émilie Llamas, chanteuse du groupe Les Kitschissimes,
3 - Florie, chanteuse et guitariste solo (À voix nue),
4 - Hélène Gratet, conceptrice et comédienne de Shakespeare in songs
5 - Marion Bounaix, Valérie Scibetta et Gaëlle Sonnier, chanteuses de la chorale Timbawo,
6 - Lionel Damei, chanteur et comédien du spectacle Mon truc en plume d'auteur.e.s,
7 - Daniel Martin, Fernand Catry et Bastien Lombardo, du groupe AutOradiO,
8 - Laurent Galasso et Christophe Scalisi, du groupe Lautof,
9 - Jean Guillaud, musicien du collectif Les Barbarins Fourchus (Pasha Disco Club),
10 - Grégory Faive, concepteur et comédien de Pourvu qu'il nous arrive quelque chose,
12 - Violaine Soulier, chanteuse et violoniste du groupe Les Swing Girls (Rêvolutions),
13 - Elsa Forêt, chanteuse et musicienne,
14 - Jocelyne Tournier, alias La Diva rurale, chanteuse et comédienne de Chansons sans vernis,
15 - Xavier Bray, chanteur et musicien du groupe Beau Sexe,
16 - Lison Desbrières, autrice et comédienne du spectacle Cabales.
17 - Katia Juilliard, metteuse de scène d'Addition,
18 - Samuel Chaffange, chanteur et musicien du groupe Picky Banshees,
19 - Nicolas Prugniel, comédien de Lumière, histoire d'une hors-la-loi.

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